De la Guadeloupe à Montserrat en Catamaran
- Get FWI

- 1 juin 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 oct. 2024
Montserrat est une île volcanique, territoire britannique, située à 55 km au Nord-Ouest de la Basse-Terre, île de l'archipel Guadeloupéen. Il est d'ailleurs possible de l'apercevoir depuis la commune de Deshaies notamment, tant nous sommes proches. Malgré ça, les connexions entre ces îles sont quasi inexistantes. Il n'y a ni traversées régulières de ferry ni vols réguliers au départ et à destination de ces bouts de terre caribéenne. Si proches mais à la fois si éloignées.
Pour tout dire, j'ai rencontré une personne d'origine Montserratienne pour la 1ère fois dans les Grandes Antilles, en Jamaïque. En y repensant, cela m'amuse étant donné que nous étions déjà voisins initialement.
Ayant pour projet depuis l'année 2013 de sillonner l'arc Caribéen et de m'imprégner de la culture locale de chacune de ces îles, en 2022, lorsque le covid s'en est allé, j'ai décidé de reprendre mes voyages en partant vers une île que je connaissais que de vue et des "on dit" : Montserrat. A cette période, il n'y avait qu'une seule option pour une traversée sans escale : Le Talamanca
Depuis plusieurs années, cette famille française désormais installée en Guadeloupe, partage sa passion de la voile et du voyage avec la population locale grâce à leur super Catamaran, Le Talamanca. Les excursions proposées sont des balades le long de la côte sous-le-vent au coucher de soleil, à la journée ou à la demie-journée et bien sûr, la traversée vers Montserrat.
Après avoir convaincue ma meilleure amie, nous embarquons à l'aube sur le Catamaran depuis le port de pêche de Deshaies. Nous sommes accueillies par un père et ses trois jeunes fils (le plus âgé devait avoir 14 ans), il s'agissait là du capitaine et de son équipage. Qu'ils sont hospitaliers, organisés, bienveillants, à l'écoute. Un équipage au top.
La traversée vers The Emerald isle se fait tranquillement, sous un ciel bleu, dégagé, une mer brillante et lisse. Nous apercevons même les îles voisines : Antigua, Nevis. Nous avons aussi eu la chance d'apercevoir des animaux marins qui n'étaient ni des dauphins, ni des baleines mais qui y ressemblaient un minimum en tout cas, lol. L'équipage a su nous dire de quoi il s'agissait mais leur nom était si peu commun qu'au moment où je rédige cet article, je l'ai bien sûr déjà oublié.
La traversée est plutôt longue mais intéressante. Nous voyons l'île se profiler au loin. Ses reliefs, ses falaises, sa verdure inhabituelle. "Inhabituelle" car après avoir connu les forêts tropicales de la Basse-Terre, de la Jamaïque ou encore de la Dominique, le vert forêt de ces territoires verdoyants, là nous apercevons un vert timide et une végétation toute aussi discrète.
L'une des grandes expectatives arrive enfin, d'abord la vue sur ce qui était un jour une coulée pyroclastique ayant élargi modestement la superficie de l'île du côté Est de celle-ci (au niveau de l'ancien aéroport). Elle est semblable à la traine d'une robe de mariée remontant comme un voile au sommet de l'indomptable Soufrière Hills. Du catamaran, nous avions une vue privilégiée, imprenable, sur cette majestuosité se dévoilant sans retenue sous nos yeux. Nous voyons là trois sommets distincts avec en son centre, un effondrement grisâtre menant vers les côtes.
La traversée continue et nous admirons le littoral escarpé de l'île. Aucune maison ni signe de vie à l'horizon. La fin du voyage semblait imminent, mais à mesure que les heures passaient, l'île de plus en plus proche, nous réalisons que voir est une chose, amarrer le navire en est une autre. Heureusement, l'équipage sait nous faire patienter en nous partageant quelques anecdotes de leurs diverses aventures et surtout en nous proposant des collations qui sont très bien venues.
Au bout de 6 heures de navigation, nous apercevons Rendez-vous Beach, l'unique plage de sable blanc de l'île, nichée dans une crique accessible uniquement par bateau ou pour les plus sportifs, par une randonnée dynamique depuis les terres.
Nous jetons l'ancre à quelques miles de la côte et rejoignons le ponton de Little Bay à l'aide de petits canots à moteur.
2 jours plus tard, c'est le grand départ. Le temps étant peu propice, la Guadeloupe avait été placée en vigilance jaune pour fortes pluies le jour de notre arrivée, dans l'après-midi, le départ s'effectue une heure plus tôt. Nous levons l'ancre à 9h du matin pour continuer notre navigation. Je dis bien continuer car plutôt que de rebrousser chemin, Le Talamanca propose une réelle expérience nous mettant au rang de privilégiés. Nous avons effectivement fait le tour complet de l'île en catamaran, sur deux traversées ! Quel honneur ! Je crois bien que même les locaux, à moins qu'ils ne soient pêcheurs, n'ont jamais vu leur île sous tous ces angles.
2 heures après notre départ, nous mouillons au large, non loin d'un banc de sable semblable à une plage "sauvage", déserte bien sûr puisque située dans la zone interdite. Nous profitons de l'eau, de la vue, du soleil, des encas. Nous apprécions le massif volcanique sous toutes ses coutures et avons désormais vue sur la deuxième grande ex-coulée pyroclastique, au Sud-Ouest de l'île, celle-là même qui a ensevelie Plymouth, l'ancienne capitale.
Une fois que nous nous sommes assez éloignés de l'île pour n'y voir qu'un mirage, la pluie et le vent se mêlent à la partie. Nous n'avons qu'une envie : rentrer chez nous !
La traversée est longue et bien moins agréable qu'à l'aller. Ah la Caraïbe et ses micro-climats n'est-ce pas ? Le temps était si maussade que nous avons troqué les casquettes et lunettes de soleil que nous portions à l'aller pour des pulls et des cahuets.
Un peu de baume au cœur, nous nous faisons accompagnés sur quelques miles par une bande de dauphins. A mi parcours, nous réalisons une perte de puissance. Déjà, les alizées n'étaient pas très favorables, mais en plus, l'un des deux moteurs de secours a lâché. Comme toujours, l'équipage a très bien géré, et ne nous en a informé qu'au large des côtes de la Guadeloupe, sûrement pour éviter la panique inutile des passagers.
Plus de 10 heures après notre départ de Montserrat, nous rentrons enfin en Guadeloupe avec tous ces souvenirs que nous garderons à jamais en nous.











Quelle bonne idée! Je n'ai pas le pied marin donc je ne pense pas que je l'aurai fait mais cela a dû être une super expérience. Merci pour ce beau partage.