Je ne suis pas une vacancière, Fè moun chyé!
- Get FWI

- 4 juin 2019
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 juin 2019
Marre d'être prise pour une vacancière dans mon propre pays.
Le terme "vacancière", à connotation péjorative pour ma part, est, d'après mon interprétation personnelle, synonyme de "touriste négropolitaine".
Pour plus de précisions, le négropolitain, terme tout aussi péjoratif, est le noir né en France ou y ayant vécu durant de longues années en prenant le style et les habitudes françaises, aussi appelé "Bounty".
Vous le constatez à travers mes publications sur les réseaux sociaux, notamment sur instagram:
je sillonne les coins et surtout recoins de l'archipel Guadeloupéen.
Pourquoi le ferais-je ailleurs et non chez moi?
Pourquoi connaîtrais-je des lieux de choix à la Jamaïque, Sainte-Lucie ou la Barbade sans maîtriser ma terre natale?
Sa pa té ké ni pon sans.
Je suis attachée à ma culture, à mes racines et à mes traditions.
Je vais dans les marchés, les foires, les conférences et veillées culturelles.
Je visite les musées du rhum, du cacao, de la banane.
Je vis mon "mas" , me libère dans la ronde du koudtanbou ou du léwòz.
Mon style, loin d'être assorti aux tenues qu'on retrouve dans les rues de Pointe-à-Pitre, est plutôt ethnique. Fana' de dashikis, je porte des anneaux en bois, des blacks aux chevilles, des sandales en cuir. Je porte le madras, que j'essaie tant bien que mal de libérer de son statut de stéréotype.
Je ne porte pas mes locks comme la majorité. Les rares fois où je suis coiffée (toujours par mes soins, je précise) mes sculptures capillaires sortent de l'ordinaire; à tel point que des étrangers, venus d'îles voisines, me demandent si je suis l'une de leurs compatriotes.
Alors oui, j'ai peut-être l'air d'une "moun vini" de par mon apparence et/ou mes faits et gestes, mais dois-je culpabiliser pour autant?
Dois-je culpabiliser de chérir l'île sur laquelle j'ai vu le jour et surtout sur laquelle j'ai décidé de rester quoiqu'il arrive ?
Car oui, ne pas prendre le chemin soi-disant inévitable de la France a été un choix non regretté. Et parmi tous mes voyages, qu'ils aient été pour des raisons personnelles ou professionnelles, j'ai toujours été en lenbé de ma Guadeloupe.
Ainsi, je vous prie d'arrêter de me traiter de "vacancière" quand c'est en fait moi qui porte notre île et l'apprécie à sa juste valeur.
Vous avez les mauvaises personnes dans le collimateur. Le jugement que vous me portez, à moi ou aux jeunes qui rentrent "o péyi" quelques semaines avant de repartir "anbala" est déplacé. D'autant plus quand nous voyons le paysage de la côte sous le vent, de Saint-François ou encore Marie-Galante s'éclaircir au fil des années...
Vous nous donnez l'impression d'être les malvenus alors que nous avons autant de légitimité que vous ici bas.
Je noterai également que le terme vacancier désigne quelqu'un étant en repos sur une période donnée. Je ne suis donc jamais en vacances mais en création perpétuelle.
A bon entendeur :)





















Bravo ! On cherche trop souvent à découvrir les pays étrangers sans bien connaître nos propres terres, et ça n'a aucun sens. En plus, tu fais exactement l'inverse de la plupart des jeunes générations caribéennes actuellement : tu valorises, préserves et pratiques ta propre culture au lieu de te faire influencer totalement par les cultures dominantes. Kontinyé fè moun chyé!