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Family! A mi seh Family!

  • Photo du rédacteur: Get FWI
    Get FWI
  • 20 sept. 2018
  • 3 min de lecture

Je me suis sentie comme dans une grande famille.


Si vous me connaissez un minimum, vous savez que j'adore la Caraïbe et voyage d'îles en îles depuis quelques années déjà. Pour moi voyager, c'est s'immerger dans la vie du pays que je découvre, me fondre dans la masse et être au contact des gens tout en profitant des lieux magnifiques que peuvent offrir ces petits bouts de terre. C'est donc ainsi que je vis mes aventures dans les diverses îles de l'arc antillais.




Jusqu'à lors je m'étais sentie comme à la maison uniquement à la Barbade. Chaque fois que je devais la quitter était vécue comme un déchirement... Des connaissances devenues des amis au fil des années malgré l'eau qui nous sépare, les choses étant inchangées lors de nos poncutelles retrouvailles. "Elle a volé mon coeur", répétais-je continuellement... Jusqu'à ce que je rencontre Jamrock...


Pour remettre les choses dans leur contexte

Je suis arrivée à Kingston en tant qu'étudiante à "University of West-Indies"environ une trentaine de jours après avoir passé plusieurs mois à Port-of-Spain, Trinidad, toujours dans le cadre de mes études.

J'ai eu l'opportunité de faire escale au péyi afin de me ressourcer avant de repartir vers l'inconnu, et tant mieux!

Eh oui, je suis rentrée de Trinidad le moral dans les chaussettes. En gros, je n'ai pas senti les gens, ou plutôt ils ne m'ont pas senti. Personne pour m'intégrer à la dynamique de l'île, personne pour me montrer ici et là, personne pour discuter de choses et d'autres, personne pour me prendre sous son aile, et pourtant j'avais déjà des contacts et connaissances, datant de mon premier séjour 3 ans auparavant... Il en est ressorti, pour ma part, un caractère nombriliste et individualiste chez les Trinis, mais ça c'est un autre débat.


Départ imminent !

Repartir à l'étranger après une telle expérience, a provoqué une petite appréhension, d'autant plus que je ne partais pas pour peu de temps...

Dès les premières heures à Kingston, je me suis sentie déjà comme entourée d'innombrables cousins éloignés, contents de rencontrer une nouvelle membre de cette grande famille. Ceci en partie grâce à mon seul ami jamaïcain de longue date "born & raised deh so", Jon, sans lequel je ne serais certainement pas partie.

On m'a initié au "tchek" jamaïcain, aux manières de saluer, avant même que je ne récupère les clés de mon nouveau chez moi, petites attentions qui pèsent beaucoup sur la balance.


Un inconnu m'a dit en pleine rue qu'il m'aime et ça m'a fait chaud au coeur.

Très vite j'ai rencontré Yoan, un doctorant martiniquais arrivé quelques mois plus tôt. Il m'a fait rentrer dans l'essence même de Kingston. Marcher en ville avec lui a été une vraie expérience: misyé connaissait tout le monde! Interpelé de toutes parts, ce jour-là nous sillonions Papine, à pieds, et là nous nous arrêtons au niveau d'Akush, vendeur d'encens et d'herbes et ami de mon camarade.

Ils commencent à parler patois, je les regarde avec de grands yeux, surprise et fière de pratiquement tout comprendre. Akush était si expressif! Il donne divers conseils à Yoan quant à "Babylone" et fini en le serrant et disant:


"Mi tell yuh dat 'cause mi luv yuh Bredda! Mi luv yuh! An' mi luv she too! She nah chat much but she a wise nuh! Mi luv de two ah yuh!"

"Tous ces conseils car je t'aime mon frère ! Je t'aime ! Et je l'aime aussi ! Elle parle peu mais elle a la sagesse ! Je vous aime tous les deux !"


Sur le coup je me suis dis intérieurement "WTF was that ?!", et au fil des mois j'ai constaté que les jamaicains sont bel et bien spontanés, expressifs et surtout très accueillants!

Ils t'interpelleront sans gêne en pleine rue, à la rivière, bref n'importe où, pour "te donner la blague", te souhaiter tout le bonheur du monde, te bénir ou te rappeler que tu mérites le meilleur dans la vie; tout ça sans forcément te connaître.

Ils se sont tous improvisés professeurs de patois, m'aidant à améliorer ma diction, à m'apprendre des idioms, à me permettre d'évoluer dans le pays comme une vraie "yardie" (locale); à tel point que celle qui est arrivée timidement en début d'année est repartie complètement changée et sûre d'elle, évoluant dans cet espace qui lui était devenu si familier.



Il y a une telle unité et solidarité. J'y ai vraiment trouvé une dynamique d'entraide, de soutien et de "we keep in touch". Chaque personne croisée sur ma route, à un moment ou à un autre, a pris soin de moi, spontanément, sans quête de reconnaissance.


Je vous souhaite de vivre un telle expérience. Ca fait tellement du bien de partir seule dans un pays inconnu, sans totalement maîtriser la langue régionale et finalement se sentir comme chez soi. Merci à tous et pour tout. Until next time...


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